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Europe > France > Gacha Empega // Gacha Empega![]() © BM Portrait de: Gacha EmpegaLes Gacha Empega sont rigolos, talentueux, et militent pour que la musique populaire reste populaire. Mais ils font ça avec finesse et sans se prendre au sérieux plus qu'il n'est besoin de le faire. C'est normal, ils sont Provençaux, c'est-à-dire qu'ils sont fiers de leurs traditions, de leur région et de leur langue mais qu'ils le font avec ce léger détachement, cette autodérision propre aux gens du Sud… Mais pas à tous les gens du Sud. Prenez les Corses, par exemple : ils sont connus pour leur sens de l'humour TRES développé à condition que vous ne les chatouilliez pas sur certains sujets (évitez de plaisanter sur la famille ou sur les Corses ; en revanche, vous pouvez plaisanter sur les autres, ils riront de bon cœur et auront des réparties cinglantes...). Plus qu'une digression pour faire sourire nos lecteurs corses (qui ont, rappelons-le un sens de l'humour TRES développé), cette différence culturelle au sein de la même zone méditerranéenne est révélatrice de ce qui peut éloigner de quelques encablures les polyphonies provençales des polyphonies corses ou sardes, plus connues du grand public. En Corse ou en Sardaigne, où les paysages sont plus intenses et le quotidien plus rude, les chants sont emplis de drames et de passions violentes. En Provence, où la vie est plus douce, les chansons sont plus légères. Les Gacha Empega ont vu le jour en 1996 avec un disque intitulé "Polyphonies marseillaises". Dit avec l'accent, en détachant chaque syllabe avec un peu d'emphase, cela a encore plus de sel. Surtout lorsqu'on sait que "Gacha Empega" est un terme de maçonnerie, qui désigne celui qui travaille à la va-vite, un peu n'importe comment. Un ouvrier qui aurait deux mains gauches alors qu'il est droitier (le mot "Gacha" est de la famille du verbe français "gâcher" et "Empega" signifie "empéguer", "engluer"). Si leur nom a autant d'importance, c'est qu'il est révélateur de leur démarche : surtout ne pas se prendre au sérieux. Leur objectif est de sortir la musique polyphonique du ghetto culturel haut de gamme où elle commence à être enfermée, pour la rendre populaire. Ils ne veulent pas oublier qu'avant d'être chantées lors de récitals donnés dans des églises, les chansons a cappella sont avant tout des airs du patrimoine, chantés -et dansés- au cours des fêtes de gens simples.Bien que les "Gacha" soient un jeune groupe, ils en sont déjà à leur deuxième mouture. De la première formation, il ne reste que Manu Théron ; Barbara Ugo est retournée en Corse et Samuel Karpiénia est parti voguer vers une belle aventure nommée "Dupain", un groupe mêlant musiques traditionnelles et électroniques. Ses deux acolytes partis, Manu s'est adjoint deux nouveaux compères (Guylaine Renaud et Nicola Marioni, une copine et un copain du même quartier) et a légèrement modifié le répertoire du groupe. Aux reprises de chants traditionnels, provençaux et occitans, s'ajoutent de plus en plus de compositions originales. Et lors du festivals Les Suds à Arles, ils ont donné un concert en compagnie du groupe vocal algérien "El Hillal". Magali Bergès // LIRE AUSSI
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